Rouflaquette homme : le guide complet du style charismatique
Saviez-vous que les favoris ont traversé plus de deux siècles de mode masculine sans jamais vraiment disparaître ? De la fin du XVIIIe siècle à aujourd'hui, la rouflaquette homme continue de séduire, de provoquer et d'affirmer un caractère bien trempé. C'est un peu comme ce rituel du matin où l'on prend soin de soi tranquillement, avant que le monde ne s'éveille — un geste élémentaire qui dit pourtant beaucoup sur qui l'on est.
Histoire et origines de la rouflaquette homme
Le terme "rouflaquette" a une étymologie savoureuse. Selon le linguiste Pierre Giraud, il dériverait du dialectal roufle, signifiant gifle, rattaché au radical raff- ou rouff- évoquant l'idée de souffler en gonflant les joues. Par croisement avec l'argot et les favoris, augmenté du suffixe diminutif -ette, cela donnerait littéralement "tout petits favoris". Une autre piste évoque l'expression faire le roufle, soit avoir un air arrogant et se pavaner — avouons que ça colle plutôt bien à l'image de certains porteurs charismatiques.
Les favoris explosent en popularité sous la Révolution française et le Premier Empire, se répandant à travers l'Europe et l'Amérique. Du XVIIIe siècle à la fin du XIXe siècle, ils dominent la mode masculine, devenant de plus en plus fournis avant de céder progressivement la place à la moustache. Une explication souvent citée de ce déclin : les favoris gênaient l'étanchéité des masques à gaz, contrairement à la moustache — ce qui en dit long sur la façon dont la guerre façonne même nos habitudes capillaires.
Parmi les grandes figures historiques adeptes de ce style, on compte Alexandre le Grand, le maréchal Joachim Murat ou encore l'écrivain britannique Herbert Spencer. Plus près de nous, Jules Ferry arborait des côtelettes particulièrement fournies. Et côté anglophone, le terme sideburns vient directement du général Ambrose Burnside, héros de la Guerre de Sécession, qui portait dans les années 1870 une barbe complète rasée sous le menton.
Le renouveau arrive dans les années 1960 avec les favoris fournis, atteignant leur apogée dans les années 1970 chez les hippies. Elvis Presley en porte de 1968 jusqu'à sa mort — ils deviennent son signe distinctif autant que sa banane. C'est à cette époque que le mot "rouflaquettes" s'impose comme synonyme familier de favoris, porté par les cultures rock, alternatives et hippies. Johnny Hallyday les assume toute sa carrière. John Lennon, Gainsbourg ou Joaquim Phoenix dans Inherent Vice en font leur marque de fabrique.
En 1953, Marlon Brando dans L'Équipée sauvage contribue à remettre les favoris sur le devant de la scène. Robert Redford, Burt Reynolds, le footballeur Paul Breitner dans les années 1970, et même Bradley Wiggins, vainqueur du Tour de France 2012, ont tous cultivé ce style — avant que Wiggins ne rase les siens en novembre 2012 pour passer plus inaperçu.
Les différents styles de favoris et comment choisir le sien
Bonne nouvelle : il n'existe pas un seul type de rouflaquette homme. Ce style se décline en plusieurs variantes, chacune adaptée à une morphologie différente. Avant de se lancer, voici un tableau comparatif pour s'y retrouver :
| Style de rouflaquette | Caractéristiques | Visage adapté |
|---|---|---|
| Rouflaquettes longues | Arrivent en dessous des oreilles, encadrent le visage | Rond ou carré |
| Rouflaquettes courtes | Au-dessus du lobe, look rasé et dégagé | Tous types |
| Rouflaquettes effilées | Larges en haut, étroites en bas, taille régulière requise | Ovale ou long |
| Côtelettes de mouton | Longues touffes vers les coins de la bouche, style années 70 | Pommettes marquées |
| Favoris fins | Triangle à 45°, mâchoire rasée, illusion carrée | Rond |
Les côtelettes de mouton amicales — dites Friendly Mutton Chop — réunissent deux côtelettes reliées par la moustache. Ce style convient aux visages ovales, longs et ronds, avec une longueur modulable selon que l'on veut un look citadin ou plus naturel. À l'inverse, les favoris fins triangulaires créent l'illusion d'une mâchoire plus carrée et s'associent volontiers avec une moustache.
Une règle reste constante quelle que soit la variante choisie — le menton doit toujours être rasé. C'est la ligne de démarcation fondamentale qui définit les favoris.
Faire pousser et entretenir ses rouflaquettes pas à pas
Se lancer dans l'aventure des rouflaquettes, c'est d'abord accepter une phase un peu ingrate — celle où toute la barbe pousse en même temps. Les poils poussent en moyenne 1,25 cm par mois, et il faut compter au minimum un mois de pousse complète avant de sculpter la forme souhaitée. Je pense toujours à ces semaines où l'on surveille la pousse avec patience, comme on surveille une graine qu'on vient de planter.
Voici les étapes clés pour des favoris réussis :
- Laisser pousser l'intégralité de la barbe pendant plusieurs jours.
- Raser progressivement les joues, le menton et la lèvre supérieure dès que la barbe atteint quelques millimètres.
- Tailler de bas en haut jusqu'au sommet de l'oreille, en utilisant un sabot adapté à la longueur voulue.
- Vérifier la symétrie en plaçant les index à l'extrémité des favoris, face au miroir, sans incliner la tête — les oreilles ne sont pas toujours à la même hauteur !
Pour l'entretien quotidien, quelques gestes suffisent — peigner les favoris et appliquer de l'huile à barbe chaque jour pour limiter les irritations. Une exfoliation régulière, une bonne hydratation et un shampoing à barbe sous la douche complètent cette petite routine. Les poils des rouflaquettes doivent rester légèrement plus longs que ceux de la barbe pour bien ressortir.
Ce rituel de soin, aussi modeste soit-il, transforme un détail capillaire en véritable signature. Gainsbourg, Guy Martin ou Maxime Médard l'ont bien compris : les favoris ne se portent pas par hasard, ils s'assument avec constance.
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Amélie est une maman rayonnante au ton authentique et bienveillant, qui partage avec douceur ses expériences du quotidien. Passionnée par sa joyeuse tribu, elle propose des conseils pratiques, des anecdotes sincères et des idées pour faciliter la vie de famille. Son écriture chaleureuse vise à inspirer et à rassembler les parents en quête de simplicité et de joie quotidienne.