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Ateliers et débats sur la parentalité à la médiathèque de Tende

· 5 min de lecture
Ateliers et débats sur la parentalité à la médiathèque de Tende

Quand j'ai entendu parler de cette initiative portée à la médiathèque de Tende, j'ai tout de suite ressenti quelque chose. Ce mélange de livres, de parole libre et de parentalité partagée, c'est exactement le genre d'endroit où j'aurais aimé poser mes questions sans me sentir jugée.

Un festival pour repenser la place de l'enfant en famille

C'est l'association Acta Non Verba qui est à l'origine de ce beau chantier. Diane Dotti et Léa Basso ont imaginé un festival intitulé « Panser et repenser l'enfance », déployé sur sept mois. L'idée ? mettre en lumière les violences éducatives ordinaires, celles qu'on inflige parfois sans même le réaliser.

Léa Basso, orthophoniste de métier, explique d'où vient cette impulsion. Le Festival enfantiste Fiesta à Paris, consacré à la domination adulte, a fait germer une réflexion profonde en elle. Dans sa pratique quotidienne, elle observe des enfants fragilisés, dévalorisés parce qu'ils sont turbulents ou en retard scolairement. Ce mal-être s'accentue souvent à l'adolescence. Je reconnais cette réalité : combien de fois ai-je moi-même haussé le ton sans m'en rendre compte ?

Diane Dotti, de son côté, avait déjà lancé il y a deux ans une réflexion sur l'inceste à travers plusieurs événements dans la vallée de la Roya. Aborder aujourd'hui les violences éducatives ordinaires s'imposait comme une évidence. « C'est un projet qui se fait en se faisant », précise-t-elle avec cette humilité que j'aime tant chez les personnes vraiment engagées.

L'association fonctionne davantage comme un collectif, porté par des valeurs communes et des partenaires engagés. Des associations et des fondations soutiennent financièrement ce projet, prévu sur trois ans. L'an prochain, des interventions dans les écoles de la vallée sont envisagées, en collaboration avec l'association CAP D'agir. Le festival continue d'avancer, et une grande journée festive est déjà prévue le 30 mai à La Brigue.

Des ateliers de parentalité au cœur de la médiathèque de Tende

Ce que j'aime dans cette démarche, c'est qu'elle se passe dans une médiathèque. Pas dans une salle froide et administrative. Un lieu de livres, de douceur et de curiosité. Estelle Figoni, responsable de la médiathèque de Tende, le formule avec justesse : « Il y a un lien fort entre les lieux de lecture et le social. Le livre est un excellent médium dans le soutien à la parentalité. »

Le mois de mars a été marqué par un parcours éducatif destiné aux parents. L'objectif était clair : renforcer les liens familiaux à travers l'éducation à l'égalité et la prévention des violences. Ces ateliers ont ouvert des espaces de dialogue précieux, là où les familles peuvent souffler et réfléchir ensemble.

Voici les grands axes travaillés lors de ces sessions :

  • Déconstruire les stéréotypes fille/garçon dans le quotidien familial
  • Mieux répartir les tâches entre tous les membres du foyer
  • Développer une autodéfense verbale pour identifier ses émotions
  • Apprendre à poser ses limites et exprimer ses besoins clairement
  • Renforcer le dialogue familial dans un climat de confiance

Ce programme me touche sincèrement. On parle souvent de parentalité positive en termes théoriques. Là, on donne des outils concrets. J'aurais adoré assister à ces ateliers avec mes enfants, juste pour apprendre à mieux les écouter, et mieux m'écouter aussi.

Le CIDFF est partenaire de cette initiative, aux côtés de la médiathèque. Cette collaboration entre structures culturelles et sociales crée quelque chose de rare : un espace où les familles se sentent comprises et soutenues, sans pression ni jugement.

Thématique abordée Objectif principal Public visé
Stéréotypes de genre Déconstruire les représentations garçon/fille Parents et enfants
Répartition des tâches Équité au sein du foyer Toute la famille
Autodéfense verbale Poser ses limites, exprimer ses besoins Parents et adolescents
Prévention des violences Identifier et briser les cycles de violence Familles en difficulté

Quand la réflexion sur la parentalité devient un acte collectif

Ce qui me frappe dans ce festival, c'est l'ambition de briser l'image de l'adulte dominant. Léa Basso le dit clairement : les enfants qui grandissent dans un environnement violent, même de manière inconsciente, portent ces blessures longtemps. L'impact est visible sur leur développement, particulièrement quand ils ont été témoins de violences intrafamiliales.

Lutter contre les inégalités et les discriminations au sein de la cellule familiale, c'est aussi prévenir des violences futures. Je trouve ça puissant. Pas de grands discours moralisateurs, juste des espaces de parole pour que chaque membre de la famille trouve sa place dans le respect mutuel.

Ces débats autour de la parentalité, portés par des ateliers concrets à la médiathèque de Tende, montrent qu'on peut changer des choses simplement. Pas besoin d'être parfaite. Il suffit de commencer à se questionner, ensemble, dans un lieu bienveillant. Et ça, personnellement, ça m'encourage à continuer sur ce chemin, pas à pas, avec mes propres petites victoires du quotidien.

Le festival « Panser et repenser l'enfance » poursuit sa route sur trois ans. Le programme définitif est encore en construction, mais la journée festive du 30 mai à La Brigue s'annonce comme un moment fort pour toute la vallée.

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